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L'apprentissage en tranches de vie

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Lundi 15 Février 11H08


De plus en plus répandu dans les différents secteurs d'activité, l'apprentissage occupe aujourd'hui une place importante dans le système d’orientation professionnelle. D'autant plus en ce début d'année, puisque le Président Hollande vient d'annoncer un plan ambitieux visant à réunir 500 000 apprentis dans l'hexagone d'ici à la fin de son quinquennat. Pour présenter au mieux l'apprentissage et la formation en alternance, Tem a rencontré celles et ceux qui en font leur quotidien.

Une solution qui s'impose souvent d'elle-même

Le point commun entre Typhaine, technicienne aéronautique, Guillaume, agent d'intervention chez ERDF, Pierre-Maël, maroquinier, et Barbara, ancienne assistante de production pour TF1 reconvertie en coiffeuse, c'est d'avoir fait le choix de l'apprentissage. Et à les entendre, la décision est tombée sous le sens. Que ce soit par nécessité ou par préférence, ils se sont tous, à un moment donné retrouvé à marier la théorie et la pratique, en divisant leur temps entre les bancs de l'école et la réalité concrète du monde du travail.

Tout le monde y trouve son compte

Typhaine insiste sur ce point : c'est aussi avantageux pour l'apprenti que pour l'entreprise ! D'abord, cette dernière dispose de main d'oeuvre bon marché, et elle subit moins de pression au niveau des charges patronales. Mais surtout, elle a l'occasion de former son -futur- salarié directement à ses méthodes et bonnes pratiques. Pas besoin de tout réapprendre sur le fonctionnement de l'entreprise comme dans le cas d'un recrutement classique. C'est une économie de temps précieuse pour l'entreprise.

C'est également avantageux pour l'étudiant qui perçoit un salaire plus ou moins proche du SMIC selon son profil. A cela s'ajoutent les différents avantages inhérents au statut de salarié (mutuelle, plan de formation, etc). Les apprentis ne paient pas d'impôts, nous rappelle Typhaine, mais sont éligibles à la prime pour l'emploi (devenue prime d'activité). C'est bon d'avoir des avantages. Pour tous, cela a été une grande source de motivation, surtout dans les moments difficiles, lorsque le rythme du cursus devient plus soutenu.

Car il l'est. Si Guillaume est formel sur le fait qu'il n'y a pas de meilleure école de la vie que de se retrouver directement auprès des professionnels, formateurs et futurs collègues, il souligne néanmoins que le rythme effréné nécessite de s'accrocher. La différence fondamentale est qu'il faut faire et apprendre en une semaine ce que les autres font et apprennent en deux. Et bien sûr, finies les vacances scolaires à profusion, on se contentera désormais de 5 semaines de congés payés par an, comme tout le monde.

C'est aussi une question de chance...

...Et Barbara n'en a pas toujours eu. Si sa réorientation dans la coiffure s'est bien déroulée, son expérience dans la communication (un BTS en alternance) a été plus difficile et lui a fait perdre un temps précieux. "J'ai accepté un poste qui n'était pas vraiment en rapport avec ma formation car on m'a promis un rapide transfert au service com. Transfert qui n'a jamais eu lieu. J'ai donc été forcée d'accepter un job à TF1, avec exactement la même problématique... et le même dénouement. Pas de passerelle vers la communication mais vers un poste d'assistante de direction. Rien à voir avec mes attentes et leurs promesses. C'est le problème lorsqu'on n'est pas considéré dans l'entreprise." Faute de projets pertinents à présenter, Barbara échoue à l'examen, qu'elle repasse par la suite en candidat libre après un an de cours par correspondance. On vous l'a dit, il faut s'accrocher !

Elle conseille également aux apprentis de préférer les petites structures dans lesquelles leurs tâches et leurs responsabilités seront plus variées, car son expérience dans un grand groupe s'est avérée répétitive et parfois même rébarbative.

Et du côté des enseignants ?

Aujourd'hui, près de 10 ans après la fin de ses études, Guillaume se rappelle chaque arrivée dans le monde du travail, puisqu'il est lui-même devenu formateur. A son apprentie, il essaye d'inculquer non seulement les compétences nécessaires pour faire d'elle une bonne professionnelle, mais aussi les valeurs qui l'aideront à un bon développement humain. Son seul conseil pour son apprentie et pour toute la génération future, est le suivant : "tant qu'ils pourront continuer d'étudier, qu'ils le fassent. Cela reste la garantie d'un meilleur avenir avec de plus grandes perspectives, mais si possible, toujours dans le cadre d'un apprentissage en alternance". Le message est clair, l'un ne va pas sans l'autre.

C'est également le point que soulèvent Jean-Pierre Lombard et Christian Lassalle, respectivement directeur pédagogique et responsable de filière à l'école ISIFA de Paris. C'est le mariage entre théorie et pratique qui rend l'apprentissage si intéressant. Avec le temps, cette méthode s'ouvre à tous les secteurs d'activité et types d'orientation. Nos deux interlocuteurs se félicitent de voir la formation en apprentissage se démocratiser et de ne plus être exclusivement réservée aux métiers techniques. L’image de l’apprentissage devient, peu à peu, beaucoup plus positive.

En revanche, ils déplorent la complexité administrative qui existe autour du monde de la formation. Celle-ci pose de vrais problèmes au développement du nombre d'apprentis et rebute de nombreux patrons d'entreprises, directeurs de CFA…à bien plus forte raison que la question du budget !


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